quoteavantfais de ta vie un rêve et de ce rêve une réalité quoteapres

Antoine de Saint-Exupéry

Gestion de vie: trouver l'harmonie en soi
Récits de voyages

L’Aconca – quoi ???
Ah  ! L’Aconcagua

Groupe C’est comme cela que j’ai connu cette montagne, en disant L’Aconca – quoi ??? (Lors d’une discussion à l’hôtel de Moshi, au retour du sommet du Kilimandjaro). En effet, un groupe d’entre nous étions à prendre une bonne bière froide sur la terrasse, lorsqu’Eddie Tusker, notre guide d’expédition du Kilimandjaro nous a parlé de l’Aconcagua, un sommet de 6962m, situé en Argentine. Immédiatement, j’ai dit oui à cette autre montagne ! J’ai immédiatement dit oui à cette montagne !

Avec le recul, je me suis aperçu que ce qui m’attire dans ces voyages, c’est l’aventure, sortir de ma zone de confort, choisir d’aller vers l’inconnu, autant à l’extérieur qu’à l’intérieur de moi.

  • » Réflexion coaching
    • C’est exactement ce que j’aide les gens à faire en coaching  : les aider à sortir de leur zone de confort respective pour atteindre l’objectif qu’ils s’étaient fixé ! Pour créer l’harmonie en soi, bâtir un équilibre de vie, il est parfois nécessaire de faire des choix qui nous demandent d’aller plus loin que ce que nous connaissons déjà.

C’est donc à partir de ce moment que ce voyage, intitulé « Au sommet de l’Aconcagua », a débuté. Oui, pour moi c’est un périple que je désirais entamer immédiatement une fois la décision prise que je m’y rendrais en décembre 2007 ou janvier 2008. Même si la date n’était pas déterminée, la destination l’était, l’objectif était fixé . Je me suis mis en mouvement vers celui-ci.

  • » Réflexion coaching
    • Lorsque je partage le fait que pour moi c’est au moment de fixer l’objectif que l’excursion commence certaines personnes restent surprises. Comme coach, je trouve que le choix de la destination est important, par contre le choix du chemin à emprunter pour s’y rendre, l’est encore plus ! Chaque entraînement de course à pied et ski de fond avec Skinouk, les entraînements de vélo avec Vélo-Plaisir, les marches dans le parc de la Gatineau avec ma blonde, le spinning, font partie intégrante du voyage. Prendre le temps de profiter de chaque pas, petit ou grand, pour apprécier le choix de cette destination dans ma vie me permet de trouver l’harmonie en moi.

Nous nous retrouvons donc, plusieurs membres de l’expédition du Kilimandjaro et moi, désireux de réaliser cette nouvelle ascension. Dans sa présentation, Eddie Tusker, homme d’expérience sur le Kilimandjaro, nous fait part qu’il en sera à sa première expédition sur l’Aconcagua. Le confort du groupe n’est pas nécessairement là, et nous savons tous l’importance de choisir un bon guide, en qui nous pourrons avoir confiance pour nous aider sur le chemin de l’atteinte de notre objectif commun, soit le sommet de la montagne.

  • » Réflexion coaching
    • Quel est vraiment l’objectif de ce voyage pour chacun des grimpeurs? Comment l’objectif de chacun se rejoint-il ? Le sommet de l’Aconcagua vs le sommet intérieur de chacun ? Plusieurs questions que je me pose comme coach de vie. Au courant des mois qui ont suivi ma décision, j’ai poussé ma réflexion. Sur le Kilimandjaro, je désirais atteindre mon sommet intérieur et désirai s, au plus profond de moi, que ce sommet soit au sommet du Kilimandjaro. Pour l’Aconcagua, j’ai identifié le même objectif, soit d’atteindre mon sommet intérieur tout en désirant qu’il soit à la même hauteur que le sommet de la montagne qui serait devant moi. Par contre, plus je poussais la réflexion et la visualisation, ce que je désirais clairement était de me retrouver sur une belle terrasse à Mendoza à siroter un bon vin argentin après avoir atteint le sommet ! Tout un changement de focus dans l’objectif ! Quelles conséquences croyez-vous que cela a eu sur toute la durée de mon voyage ? Rappelez-vous que j’ai choisi qu’il débute au moment de la décision de faire la montagne.

Lors de l’ascension du Kilimandjaro, Robert Beauchamp a rencontré un guide québécois, Jean-Pierre Danvoye de l’Échappée belle, une autre compagnie de guide de montagne. Il redescendait du sommet avec un client, un homme de 79 ans qui venait d’atteindre le sommet. Robert, dans son contact initial, a immédiatement été attiré par l’énergie de Jean-Pierre Danvoye. À son retour au Québec, il a communiqué avec lui et discuté d’une expédition possible sur l’Aconcagua pour notre groupe de grimpeurs de l’Outaouais. Jean-Pierre, qui a guidé 10 expéditions sur l’Aconcagua – point rassurant pour nous, lui a offert de venir faire une présentation aux personnes intéressées en nous donnant la possibilité d’organiser un voyage pour janvier 2008 sur cette montagne. C’est alors, en mai 2007, que nous nous sommes réunis pour confirmer notre engagement et la date de notre départ, soit le 2 janvier 2008 et un retour le 23 janvier suivant.

  • » Réflexion coaching
    • Lorsque l’on désire sortir de sa zone de confort, savoir s’entourer d’un bon coach peut nous aider à aller plus loin voire vers l’extérieur de cette zone. Un coach qui sait poser les bonnes questions au bon moment pour nous aider à découvrir ce qui se cache derrière nos peurs ou nos blocages, nous permettra d’avancer plus rapidement et plus efficacement.

Plan de l'Aconcagua Au cours des mois menant à notre actuel voyage, notre groupe est passé d’une douzaine de grimpeurs pour un total final de huit. Certaines personnes qui désiraient faire partie de l’expédition n’ont pas pu se libérer de leur travail ou ont dû annuler pour des raisons de santé. Certains d’entre eux étaient très déçus de ne pouvoir se joindre à nous. Mario Minguez, Pierre McMartin, Stéphane Mayer, Pascal Sanscartier et moi de Gatineau, Richard Plante de St-Lazarre, Denis Verrette d’Alma, et Pierre Delisle de Montréal, formons le groupe qui partira le 2 janvier 2008 pour l’Argentine.

  • » Réflexion coaching
    • Savoir reconnaître ses limites dans tout projet que l’on entreprend est primordial. Les objectifs que l’on se fixe doivent être réalistes et surtout alignés avec le niveau d’énergie, autant physique qu’émotionnel, que nous avons au moment de les choisir. C’est un principe fondamental qu’un coach reconnaît dans ses coachés afin de les aider à trouver leurs propres limites.

Afin de bien se préparer et de permettre à Jean-Pierre, notre guide, et Nicolas Balan, deuxième guide, d’évaluer le groupe, une sortie au mont Lafayette et ensuite au mont Washington a été organisée en novembre 2007. Cette belle sortie nous a permis, du moins à ceux qui ont pu y participer, de tester un peu d’équipement et de voir comment le groupe fonctionnerait ensemble. Déjà, mon objectif de prendre un bon verre de vin argentin sur une terrasse à Mendoza se solidifiait. En effet, notre souper du samedi soir au Franconia Inn fût arrosé de bons vins ! J’ai découvert que notre guide aimait une bonne table et les vins de qualité. Nous devrions bien nous entendre sur la route argentaine. Lors de ce court séjour dans cette région montagneuse, Jean-Pierre en a profité pour répondre à toutes nos questions, qui étaient nombreuses : quel équipement, le poids des bagages alloués, l’hôtel à Mendoza, les guichets automatiques, l’hygiène de montagne, la bouffe, et surtout les restos argentains ! Avec toute sa passion, il nous a aidé à rêver, à visualiser ce que nous vivrons lors de ce voyage.

  • » Réflexion coaching
    • Le questionnement, la préparation, les essais, l’inquiétude face à l’inconnu, font partie d’une démarche en coaching. Comme coach, je vous aide à prendre conscience des sentiments qui vous habitent aux différentes étapes de votre démarche afin que vous preniez des décisions solides qui respectent vos réels désirs.

Le mois de décembre 2007 a été consacré à terminer l’achat de l’équipement nécessaire pour l’expédition. En respectant les consignes de Jean-Pierre, la liste d’équipement fournie a été vérifiée, une fois, deux fois, trois fois, ah ! Je ne compte plus !!! Les jours défilent rapidement avant le départ, la nervosité se fait sentir, ai-je vraiment tout ce que j’ai besoin. Mes deux sacs de voyage, un North Face jaune et un Mountain Co-op bleusont là, à côté de mon lit, à moitié remplis un jour, vide la journée d’après pour bien vérifier que tout y est. Rempli, vide, rempli, il est vraiment temps que je parte ! Avant de fermer, je rajoute quelques paires de bas supplémentaires, des sous-vêtements, et pourquoi pas une paire de pantalon et une chemise aussi. Tout cela pour dire que j’ai probablement plus de stock que j’en aurai vraiment besoin. Je suis prêt pour le départ !

  • » Réflexion coaching
    • Suis-je vraiment près pour cette expédition folle ? J’ai beaucoup d’équipement, j’en ai rajouté pour être certain, qu’est-ce qui a motivé mon geste ? D’un point de vue coaching, je me regarde et je vois très bien ce que mes coachés font lorsqu’ils désirent aller dans une nouvelle direction. Ils apportent souvent beaucoup de bagages qui au fur et à mesure de leur démarche les ralentiront, les empêcheront de progresser vers l’objectif fixé.

2 janvier 2008

C’est la journée du départ ! Après avoir terminé de placer tout l’équipement dans mes sacs, il est 14h25 et c’est l’heure de partir pour l’aéroport. Andréa et Véronique m’accompagnent ! Arrivé à l’aéroport d’Ottawa à 15h00, Éric et Suzel sont là pour me souhaiter bon voyage et bonne chance. Robert Beauchamp qui ne peut venir avec nous en raison d’un problème de santé est venu nous saluer aussi. Mario, Pascal, Richard (sa conjointe et son petit garçon) sont sur place. L’enregistrement des bagages avec Air Canada se déroule bien, je suis à 50Kg au total, le maximum est de 46kg, par contre pas de frais de surcharge. Les sacs sont marqués pour Santiago au Chili car mon billet entre Santiago et Mendoza n’est pas avec un transporteur affilié à Air Canada. Une fois là nous devons faire les arrangements nécessaires pour le transfert. C’est le temps de dire aurevoir . Une caresse à Véronique et ensuite à ma blonde. Je sens que la caresse est distante …par protection peut-être ?

  • » Réflexion coaching
    • Il est important, lorsque l’on désire passer du point A au point B dans sa vie, de partager les événements avec des gens que l’on aime, les personnes qui nous entourent. Par le fait même de partager, ils nous apportent souvent leurs appuis et se permettent aussi de rêver à passer eux aussi du point A au point B ! Le soutien est important dans toute transition, une belle façon de l’obtenir est de partager notre voyage.)

Ottawa – Toronto, vol retardé, par contre, nous avons plus de 5 heures d’attente à Toronto, alors, je suis très «relaxe». Une fois à Toronto, nous partageons le souper ensemble, il manque Pierre de Montréal et Stéphane qui prenait un vol plus tard. Je partage avec Pascal une discussion sur le coaching. Lui est responsable de formation de planificateurs financiers, très beau terrain pour faire du coaching. J’échange avec lui sur mes conférences à venir en automne 2008  ; c’est le fun de partager avec lui.

Nous passons la sécurité à Toronto pour être dans l’aile des départs pour les destinations internationales de l’aéroport. Pierre Delisle de Montréal se joint à nous. En discutant avec lui, j’apprends qu’il partagera sa tente avec Denis d’Alma, étant donné que nous sommes tous de l’Outaouais. Premier changement dans les plans car nous avions parlé pendant la fin de semaine au mont Lafayette que nous partagerions la tente sur la montagne. Je conviens donc avec Pierre McMartin que, s’il accepte, nous serons partenaires de tente. Il accepte immédiatement sans hésitation, même après une discussion sur le niveau de décibels que je peux générer avec mon ronflement ! Je suis certain que nous en reparlerons plus loin dans le voyage et dans ce récit.

  • » Réflexion coaching
    • Le changement, quel impact a-t-il dans ma vie, dans votre vie ? Comment choisir ma réaction, votre réaction, face au changement ? Les émotions qui montent lorsque le changement se manifeste, je les identifie, je les maîtrise, je les canalise en auto-motivation. Tout en étant conscient de cela, je demeure alerte aux émotions des personnes qui m’entourent et au besoin, je gère leurs émotions afin de les amener vers une canalisation positive. Je développe ainsi mon intelligence émotionnelle.

GroupeL’arrivée de Stéphane, avec son manteau de cuir, ses souliers chiques, et sa petite valise à roulettes, a énergisé le groupe. Quelques difficultés pour lui à partir d’Ottawa, surplus de poids à la pesée des bagages, ouverture des sacs, fouille, découverte de sac de bouffe lyophilisée, qui peuvent aussi, à l’occasion avoir l’air de sachet de poudre douteuse ! Stéphane nous raconte son expérience, et habillé comme il l’était, un peu difficile pour les autorités de croire son histoire qu’il part pour une expédition en Argentine pour atteindre le plus haut sommet des Amériques ! L’important c’est qu’il est maintenant avec nous à Toronto, on célèbre le tout avec une visite au bar en attendant notre vol.

Toronto – Santiago, notre vol est retardé par le dégivrage, encore une fois, la bonne planification a fait en sorte que nous avons beaucoup de temps entre notre vol Toronto – Santiago et celui Santiago – Mendoza. Donc ,pas de stress, c’est l’heure de la lecture et aussi de profiter pleinement des films à bord de l’avion. Le vol est tout de mêmeprès de 11heures en durée. Nous sommes en vol, j’ai réussi à prendre quelques heures de sommeil, par contre, le lit sera bien mérité ce soir à l’hôtel ! Le sommeil léger que j’ai expérimenté cette nuit ainsi que les rêves générés m’ont porté et permis d’aller plus loin dans ma réflexion pour mes conférences que je désire livrer en automne 2008 sur les doigts de la main.

  • » Réflexion coaching
    • Comme je l’ai déjà mentionné au début du récit, pour moi le voyage a débuté lors de la discussion à Moshi en Tanzanie lorsque j’ai pris la décision de faire l’expédition de l’Aconcagua. Depuis ce temps, je profite pleinement des moments qui se présentent à moi pendant ce voyage. L’objectif ultime, soit de prendre un verre de vin argentin sur une terrasse à Mendoza après avoir fait le sommet, est toujours en moi, par contre, je choisi d’accueillir les moments présents, chaque pas que je fais, là où il se font, sentir et les vivre pleinement.

3 janvier 2008

12h30, heure locale (heure de Gatineau + 2 heures), nous sommes presqu’arrivés à Santiago. Mon compagnon de vol pendant les dernières onze heures se dirige en Antarctique pour une croisière. J’aperçois la Cordillères des Andes à gauche de l’avion, est-ce que l’Aconcagua est là parmi toutes ces montagnes ? Certainement, je cherche des yeux la plus haute, la plus impressionnante, difficile à dire laquelle serait la bonne. Je suis certain que nous aurons bien du temps pour la voir et la sentir dans les prochains jours. Je l’ai regardée souvent sur internet, j’ai fais ma préparation en conséquence de mes attentes, je suis plus proche que jamais et j’ai le désir profond de la rencontrer.

Arrivés à Santiago, rencontre avec Jean-Pierre et Nicolas (Nic, c’est son désir, je le nommerai donc Nic à partir de maintenant dans le récit.) Nous passons au kiosque de LAN Chile, la compagnie aérienne qui nous amènera à destination, soit Mendoza, Argentine. Les gens sont très courtois et s’occupent d’arranger le transfert de bagages, donc nous n’aurons pas à les récupérer. Un groupe d’entre-nous décidons d’aller casser la croûte, les prix sont en pesos chiliens, un hamburger à 5,000 pesos ! Assez impressionnant ! On ne s’en fait pas trop, c’est du 100 pour 1 ! Par la suite, quatre heures d’attente, que nous apprécions bien sachant que nous avons toutes les chances de notre côté pour que nos bagages se rendent à destination, c’est la composante importante pour chacun d’entre-nous qui avons fait des choix d’équipements, de vêtements, etc. pendant les derniers mois.

  • » Réflexion coaching
    • L’objectif à court terme qui nous permet d’atteindre l’objectif à long terme est très important. Dans le cas présent, mon objectif de prendre un verre de vin argentin sur une terrasse de Mendoza après avoir atteint le sommet, pourrait être compromis si je ne recevais pas mes bagages avec tout ce que j’avais choisi. Oui, je pourrais m’adapter et louer de l’équipement d’un magasin local, par contre, ceci pourrait avoir un impact sur mon niveau de confiance et de concentration pendant l’ascension. Faire les choix en conséquence de ce que l’on désire permet de faciliter le travail de tous à réaliser nos rêves.

Après à peine 30 minutes de vol, nous atterrissons à Mendoza, petit aéroport qui peut accueillir environ une douzaine d’avion, tout au plus. Nous passons l’immigration et les douanes sans aucun problème. Nous sommes accueillis par Denis Verrette qui lui est arrivé une journée avant nous. Problème, la tempête qui l’a retardé à Montréal, a fait en sorte que ses bagages ne sont toujours pas arrivés. Il est ici pour vérifier. Pas de veine( ?), personne ne sait où ils sont sur la planète. Jean-Pierre travaillera avec lui et Nic pour formuler le plan B pour tout son équipement !

  • » Réflexion coaching
    • Denis accepte le fait qu’il n’a pas de contrôle sur l’arrivée de ses bagages, par contre, il a le contrôle sur sa réaction et surtout sur ses actions pour s’assurer d’avoir ce qu’il faut pour continuer l’aventure vers son sommet ! Dans notre vie de tous les jours, c’est un peu pareil. Certaines situations sont totalement hors de notre contrôle, le choix de notre réaction face à ces situations nous donne tout notre pouvoir sur notre vie.

Pour nous qui venons d’arriver, tous les bagages, sans exception sont récupérés. C’est un grand soulagement, un facteur de stress de moins pour chacun d’entre-nous. Nous plaçons les bagages dans la remorque du petit autobus qui nous amènera à l’hôtel. En route, le paysage ressemble beaucoup à d’autres endroits visités par le passé. Le Kosovo vient à l’esprit, des routes en plus ou moins bon état, poussiéreux comme là-bas, un peu d’Haïti aussi, aucune richesse vraiment en vue. Par contre, plus on se rapproche de la ville, plus le niveau de vie semble s’accroître. Les immeubles sont de trois ou quatre étages, les rues sont bordées d’arbres matures, il y a beaucoup de verdure. La ville devient de plus en plus belle. Jean-Pierre nous avait informé du plan lors de l’arrivée à l’hôtel. On monte les bagages à la chambre, une douche rapide, nous passons par les différents guichets automatiques pour sortir des pesos, au minimum 1,000 (300$US) pour le permis d’ascension du parc provincial de l’Aconcagua. C’est exactement ce que nous avons fait à notre arrivée. L’hôtel NH Cordillera , est le lieu où nous passerons la nuit, car demain déjà c’est l’obtention du permis et départ pour Penitentes (2750m). Quelques-uns des membres du groupe ont de la difficulté à sortir les bons montants d’argent avec leur carte guichet. Les Desjardins ne semblent pas performer aussi bien que les Nationales. Il faut comprendre que Richard représente Desjardins et que Pascal est sous la bannière de la Banque nationale. Une petite rivalité que nous aimons bien attiser par moment !

Jean-Pierre nous guide dans les rues avoisinantes de l’hôtel et nous fait visiter le grand parc situé au centre de la ville. Ici c’est l’été, c’est la fête, la musique, la danse, le flamenco, il est 21h00 et le soleil est encore chaud, il ne se couche que vers les 22h30. Des petits kiosques sont érigés un peu partout dans ce parc pour vendre différents produits locaux! Nous arrivons chez Francesco, un restaurant italien extraordinaire. Les réservations sont au nom de Jean-Pierre, un habitué de la place. Nous sommes sur la terrasse, il fait 26 degrés Celsius, pas de vent, la bouffe est bonne et le vin est superbe, c’est l’aventure qui se poursuit. L’addition nous est soumise, surprise, elle est de trois fois inférieure à ce que nous aurions payé au Québec pour le même repas. Il est maintenant 01h00 du matin, c’est le temps d’aller apprécier le lit de l’hôtel !

4 janvier 2008

C’est après une nuit de sommeil réparateur que je me réveille à 08h00 du matin. Le petit déjeuner est inclus avec la chambre et assez copieux pour moi. L’hôtel offre le service Internet gratuitement, petit message d’amour à ma blonde !

Nous partons de l’hôtel vers 10h20 pour aller chercher le permis d’accès au parc ainsi que le permis d’ascension pour le sommet. Nous devons tous nous présenter en personne avec identification pour faire la demande au Ministère du tourisme. Nous y sommes, un édifice un peu laissé à lui-même, pas très entretenu, nous accueilli. Au deuxième pallier, une grande salle avec présentoirs sur l’Aconcagua sert de lieu de rassemblement et d’endroit pour compléter l’application. Numéro de police d’assurance et nom de la compagnie sont nécessaires pour être en règles. Une fois les formulaires complétés, Jean-Pierre s’occupe de les remettre à la préposée. L’attente débute. Après une vingtaine de minutes, nous recevons un coupon que nous devons apporter dans un petit kiosque à l’extérieur des bureaux du ministère pour aller payer. Ensuite, retour au Ministère du tourisme pour donner la preuve de paiement et laisser le temps aux employées de préparer les permis. L’opération prend environ une heure, ce que j’évalue comme étant très bien. Quelques membres du groupe font fièrement prendre leur photo avec leur permis !

Le retour à l’hôtel, nous devons libérer les chambres. Alors descente des sacs, c’est là que l’on s’aperçoit qu’ils sont pesants ! Ils sont placés dans la pièce réservée à cet effet. Le personnel est habitué de voir des gens qui se rendent sur la montagne. Le groupe se divise pour aller luncher, je marche avec Stéphane et Pierre M. vers la rue piétonnière qui est au centre de la ville, là où les gens vivent pendant ces mois d’été chauds. Musique et danse sont au rendez-vous encore aujourd’hui !

Denis a passé les deux dernières heures avec Nic à parcourir les magasins de plein air pour réserver l’équipement nécessaire pour remplacer la sienne qui n’est pas encore arrivée. Il devra louer une bonne partie et acheter certains morceaux qui lui serviront après le voyage. Dernière chance, il vérifie à 14h00 pour voir si ses bagages sont à l’aéroport, mauvaise nouvelle, ils ne sont pas arrivés, par contre, bonne nouvelle ils sont en route et arriveront ce soir avec le vol de Santiago. Jean-Pierre s’occupe de lui arranger un transport pour demain matin afin qu’il nous rejoigne à Penitentes. Il passera une nuit supplémentaire ici à Mendoza ! Le coût de la chambre est six fois inférieur au coût que la location et l’achat d’équipement de rechange, il est heureux et nous lui disons simplement à demain ! Il est certain qu’à partir de maintenant, nous choisissons tous de bien garder en mémoire le fait que ses bagages ne se sont pas rendus à destination à temps pour qu’il vienne avec nous… Il en paiera le coût avec les taquineries que nous lui ferons dans les prochains jours.

14h00, c’est un départ pour le reste du groupe. Le trajet de Mendoza à Penitentes est de 185km sur la route qui relie l’Argentine au Chili. Le minibus est confortable et nous avons suffisamment de place pour tout le monde. Les bagages sont derrières dans une remorque, chose qui semble être coutume ici. À seulement quelques kilomètres à l’extérieur de la ville, déjà les vignobles font leur apparition. La région de Mendoza produit la majorité des vins argentins. Un peu plus loin, la cordillère des Andes apparaît devant nous. La route la pénètre et après quelques kilomètres, nous sommes flanqués par cette chaîne de montagne sur notre gauche et notre droite. Le paysage est à couper le souffle. J’ai l’impression que ce ne sera pas la dernière fois que l’immensité des montagnes et la beauté du panorama nous jettera à l’envers. Pour un moment, je tombe dans une réflexion sur notre existence sur cette planète. Avec tout ce qui m’entoure en ce moment, l’émotion monte à l’intérieur de moi. Je me pose la question sur le pourquoi de notre vie sur cette planète qui est gigantesque, des endroits que je n’aurais jamais imaginés aussi grand et dominant. Je me sens comme un grain de sable dans l’univers. C’est profond et troublant en même temps. Je semble partir dans une transe, je suis vraiment abasourdi par ce qui m’entoure.

14h00, c’est un départ pour le reste du groupe. Le trajet de Mendoza à Penitentes est de 185km sur la route qui relie l’Argentine au Chili. Le minibus est confortable et nous avons suffisamment de place pour tout le monde. Les bagages sont derrières dans une remorque, chose qui semble être coutume ici. À seulement quelques kilomètres à l’extérieur de la ville, déjà les vignobles font leur apparition. La région de Mendoza produit la majorité des vins argentins. Un peu plus loin, la cordillère des Andes apparaît devant nous. La route la pénètre et après quelques kilomètres, nous sommes flanqués par cette chaîne de montagne sur notre gauche et notre droite. Le paysage est à couper le souffle. J’ai l’impression que ce ne sera pas la dernière fois que l’immensité des montagnes et la beauté du panorama nous jettera à l’envers. Pour un moment, je tombe dans une réflexion sur notre existence sur cette planète. Avec tout ce qui m’entoure en ce moment, l’émotion monte à l’intérieur de moi. Je me pose la question sur le pourquoi de notre vie sur cette planète qui est gigantesque, des endroits que je n’aurais jamais imaginés aussi grand et dominant. Je me sens comme un grain de sable dans l’univers. C’est profond et troublant en même temps. Je semble partir dans un transe, je suis vraiment abasourdie par ce qui m’entoure.

  • » Réflexion coaching
    • C’est en sortant de sa zone de confort que l’on découvre ses limites. Être à l’extérieur de soi nous permet de voir les blocages que l’on se met. Ils sont là pour nous protéger parfois, ou pour nous empêcher de devenir ce que nous désirons vraiment. Mon rôle de coach c’est de vous amener à être en mesure d’avoir une perspective extérieure de votre propre environnement, ce qui vous permettra par la suite de faire des choix plus éclairer sur la direction que vous désirez poursuivre dans votre vie.

À moitié chemin, nous arrêtons pour une pause-pipi ! En effet, nous avons commencé à prendre notre dose de Diamox (Acétazolamide), un médicament qui est normalement pris pour le glaucome, mais qui est aussi utilisé pour faciliter l’acclimatation en montagne. C’est une prévention pour le mal aigu des montagnes. Il permet de diminuer les perturbations du sommeil qui sont connues en haute altitude. La respiration périodique, une forme d’apnée du sommeil, a comme conséquence fâcheuse, une baisse de la saturation en oxygène durant les apnées, des réveils fréquents et une mauvaise qualité de sommeil. La fréquence des ces troubles diminue augmente (diminue ou augmente ?) avec l’altitude, par contre diminue avec l’acclimatation ou la prise du Diamox. L’effet secondaire du Diamox est son action diurétique. Donc, les arrêts-pipi seront réguliers sur la montagne !

Nous profitons de l’arrêt pour littéralement vider le petit dépanneur de toutes ses tablettes de chocolats Toblerone ! C’est tout comme si nous sentions que pour les prochaines semaines, nous ne reverrions pas la civilisation et que nous pourrions manquer de bouffe !

  • » Réflexion coaching
    • Tout comme dans la vie de tous les jours, ils nous arrivent parfois de tout ramasser autour de nous, même si nous savons très bien que nous n’aurons probablement pas besoin de tout. Qu’est-ce qui motive notre geste à ce moment précis ? Qu’y a-t’il derrière ce geste ? Voilà un genre de questions que je pourrais utiliser comme coach pour vous aider à voir ce qui amène à pauser différentes actions dans certaines situations. Mon objectif, vous aider à observer certains de vos comportements qui pourraient vous limiter. Une fois identifiés, il vous sera souvent plus facile de faire des choix sur vos actions futures qui vous mèneront vers votre vision, vos objectifs de vie.

Retour sur la route, nous discutons avec Jean-Pierre des différents voyages qu’il a fait, mais surtout de ceux qu’il désire faire dans les prochains mois et années. Les idées me viennent rapidement en tête, la possibilité de faire des voyages d’aventure et de coaching en même temps ! Très intéressant comme concept, ce sera à travailler avec Jean-Pierre, qui semble très intéressé par ma proposition. Ces voyages pourraient avoir différent thèmes comme coaching de groupe, familiale, d’affaire, personnel. Définitivement à rediscuter.

Nous arrivons à l’hôtel de Penitentes en fin d’après-midi. Nous avions été prévenus, ne cherchez pas les étoiles dans cet hôtel ! Elles seront dans le ciel ce soir et non sous les draps ! Comme il avait raison ce Jean-Pierre, l’hôtel date des années 60-70 et n’est pas très attrayant. Mario et Stéphane l’on vite découvert lorsqu’ils ont passé la porte de leur chambre. Les lits n’étaient pas fait, les serviettes des clients de la veille étaient encore là, et l’odeur n’était pas très fraîche, c’est le moins que l’on puisse dire.

  • » Réflexion coaching
    • Savoir s’adapter, démontrer une flexibilité, peut être important lorsque l’on désire sortir de sa zone de confort.

Jean-Pierre nous demande de descendre nos deux sacs au sous-sol. Il nous informe qu’il fera l’inspection du matériel que nous choisissons d’apporter sur la montagne. Petit rappel, nous avons chacun deux sacs, poids total d’environ 45kg. La consigne de Jean-Pierre, un seul sac partira avec les mules, ne devra pas peser plus de 20kg. Oups ! J’ai beaucoup trop de stock ! Je n’aime pas la situation présentement. J’ai passé des heures à tout préparer mon bagage, acheter l’équipement nécessaire, ajouter des paires de bas, sous vêtements, combinaison, gants, tuques, etc. supplémentaires, et là, le monsieur en charge de l’expédition me dit que je ne peux pas tout apporter et que je dois faire des choix pour réduire le poids de 45kg à 20kg. Bien que j’aie lu dans les instructions que j’avais reçues, bien que je savais, par expérience du Kilimandjaro que nous étions limités à un certain poids, je ne m’étais pas fait à l’idée que je devrais faire des choix. Tout ce que j’ai apporté est essentiel à mes yeux. Je me regarde de l’extérieur et il est clair que je ne suis pas bien dans ce changement majeur, surtout qu’on nous demande de faire le choix d’équipement dans un endroit où tout est à l’envers. Je n’entends vraiment plus à rire. Vous voyez, nous sommes dans le sous-sol d’un hôtel miteux, il y a pleins de boîtes, de contenants, de barils, etc. qui encombrent la pièce, comment y voir clair dans mes choix ? Jean-Pierre qui doit ressentir ce qui se passe à l’intérieur de certains d’entre-nous, nous invite à venir voir ce qu’il mettra dans son sac. Par expérience, il sait à quoi s’attendre sur la montagne et il apporte le strict minimum pour atteindre le sommet. Il ne touchera même pas le 20kg avec son sac. Impressionnant ce jeune homme de 60 ans ! L’expérience ne s’achète pas, donc retour à mes deux sacs et c’est le temps de faire le tri, choisir ce qui sera absolument nécessaire. Je m’en tire avec un sac de 22kg, j’y ai droit, je suis le plus grand et le plus costaud de l’expédition, d’autres sont à 16kg, les mules seront équilibrées.

  • » Réflexion coaching
    • Quel bagage supplémentaire portez-vous dans l’atteinte de votre objectif ? Qu’est-ce qui vous retient avec son poids excédentaire dans votre vie de tous les jours ? Quels choix pourriez-vous faire pour laisser l’équipement qui ne sera pas requis pour avancer dans votre vie ? Quel impact ces choix ont sur votre humeur ? Sur vos sentiments ? Voici quelques questions que je pourrais utiliser lors d’un coaching avec vous pour vous aider à atteindre un objectif plus rapidement et plus efficacement ! Voilà le pouvoir du coaching, vous aider à alléger votre charge pour réaliser vos rêves !

Nos matelas de sol, nos sacs de couchage sont placés dans un sac en commun que les mules monteront au premier camp.

20h30, c’est le souper à notre chic hôtel ! Le décor me rappelle celui que j’ai eu la chance de voir lorsque je vivais au Kosovo en 1999. Un style presque soviétique ! Ça ramène des souvenirs. La bouffe est bien, mais rien de bien extraordinaire. Je regarde autour, d’autres groupes sont sur leur départ demain matin, tout comme nous d’ailleurs. Quelques personnes sont de retour de la montagne, c’est beau à voir, ce sera nous dans quelques semaines. 22h30, c’est l’heure d’aller se coucher. Nous sommes à 2450m d’altitude et je le ressens déjà. La respiration est plus courte, l’effort demandé pour faire de petites choses est plus grand.

5 janvier 2008 – Jour 1 sur la montagne

Réveil à 08h30 après une bonne nuit de sommeil, malgré les effets du Diamox qui m’ont fait lever à quatre reprises. Pas d’inquiétude, c’est normal ! Au courant de la nuit, j’ai entendu une sonnerie de téléphone cellulaire à quatre reprises. Étant entre deux rêves et pas tout à fait réveillé, je me suis demandé si Pierre McMartin, mon compagnon de chambre et de tente pour les deux prochaines semaines, avait apporté son cellulaire en voyage. Je m’apprêtais à le réveiller pour lui dire de répondre lorsque je me suis aperçu que ce n’était pas une sonnerie mais bien le ronflement de Pierre qui émettait ce son ! Moi qui étais inquiet de le réveiller avec mon ronflement !

Mes rêves de cette nuit m’ont reconfirmé mon désir d’organiser des expéditions coaching !

Petit mal de tête à différentes reprises ce matin, je ne prends pas de médicament pour l’instant. Je m’aperçois que l’altitude m’affecte encore ce matin, par contre, l’anxiété de la montagne est beaucoup plus présente qu’autre chose. Ma respiration est plus lente, je prends le temps qu’il faut pour faire les choses. Je suis dans l’appréhension. Je nomme mon défi de la journée, choisir la légèreté. Notre départ est prévu pour midi.

  • » Réflexion coaching
    • Une fois conscient de ce que l’on vit, de l’émotion qui nous habite, il est important de choisir comment on la contrôlera. Contrôler son émotion ne veut pas dire la réprimer, simplement de la reconnaître et de choisir les actions qui vous permettent de vous concentrer sur une tâche au bon niveau, garder un contrôle de soi. Comme coach, je peux vous aider à reconnaître les émotions qui vous habitent, vous faire découvrir comment les gérer, comment être honnête envers eux et comment identifier leurs impacts afin que vous puissiez accomplir ce que vous désirez vraiment.

En attendant le camion qui nous amènera au début du Parc provincial de l’Aconcagua, nous décidons de nous peser sur le pèse bagages. À tour de rôle, nous défilons et presque comme à la boucherie du coin, en pesant sur un petit bouton, une étiquette est produite avec la date, l’heure, le poids, le nom du pourvoyeur. Je passe le dernier et je gagne le prix du plus pesant, soit 121kg ! Tout au long du voyage, j’aurai ce poids en tête en me demandant combien de poids je laisserai derrière moi. Même si parfois dans la vie, je me suis senti très petit à l’intérieur, l’extérieur lui ne laisse aucun doute ! Mon sac de jour pèse 10.4kg, et ça avec quatre litres d’eau ! Denis est maintenant arrivé avec nous, il a reçu ses bagages, il est heureux et fier de nous retrouver. Il devra porter une plus lourde charge étant donné qu’il n’a pas eu l’opportunité d’envoyer un sac avec une mule.

Richard et Pascal quitte avant nous dans un véhicule faisant la navette entre l’hôtel et l’entrée du parc. Quelques minutes plus tard, huit d’entre-nous embarquons dans un camion Range Rover qui après un kilomètre à peine, tombe en panne. Un appel et la navette arrive pour nous offrir de nous conduire à l’entrée du parc. Petit problème, pas assez de place à l’intérieur, Nic sera avec les bagages dans la petite remorque derrière. Quand on pense sécurité, oubliez cela ici, pas de chaîne de sureté ou de cadenas pour la remorque. Nous souhaitons tous que le tout tienne jusqu’à l’arrivée dans environ 15 minutes.

Nous y sommes, 2700m, entrée du Parc provincial de l’Aconcagua ! Les premières photos se prennent, certains diront que l’aventure commence, pour moi elle se continue plus d’un an après avoir pris la décision de faire le voyage. Après que Jean-Pierre valide nos permis d’ascension avec les gardes parc, nous débutons la marche à 12h25. Il fait environ 30 degrés Celsius, un vent de 20km/h . La crème solaire est importante, les manches longues protègent bien du soleil, ainsi que la casquette et son petit voile derrière. Pas chic, mais très efficace !
Il y a aucun arbre en vue dans cette région, un peu de verdure sur les montagnes et dans la vallée d’Hocornes, nous prenons des photos devant le lac du même nom. Derrière nous, la face sud de l’Aconcagua ! Après une heure de marche, à un rythme rapide, nous faisons une courte pause pour manger une bar énergétique, nos amies pour les prochains jours. Nous entendons une avalanche, de neige ou de roches, on ne saurait le dire. Il y a plusieurs petits chemins dans la vallée, c’est bien d’être guidé.

  • » Réflexion coaching
    • Tout comme dans la vie, il peut être intéressant d’avoir un coach qui nous aidera à clairement identifier les destinations de vie que nous choisirons et nous aider à voir les chemins possibles pour s’y rendre plus rapidement et plus efficacement que si nous le faisons seul.

Sur le sentier, nous croisons plusieurs personnes qui reviennent du sommet. Elles semblent bien dans leur bulle. Les mules nous dépassent avec nos sacs, d’autres viennent en sens contraire au courant de l’après-midi, ramenant les sacs du camp de base. Le soleil est très présent, pas ou très peu de nuages, j’ai les pieds qui bouillent ! Une autre pause à 3000m pour ensuite poursuivre jusqu’au camp Confluencia à 3345m. Les permis sont montrés au garde-parc, puis nous poursuivons jusqu’au terrain où nous pourrons camper. Jean-Pierre nous indique les endroits à choisir. Un terrain assez plat, pas trop de roches qui sortent du sol, mais beaucoup de grosses roches autour pour amarrer les cordages des tentes, impossible d’y planter un piquet ! De grandes tentes , installées par les différentes compagnies qui offrent des services de restauration sont déjà installées. Notre pourvoyeur est Fernando Grajales Expedition. Nous montons donc les tentes, pas sans effort, l’altitude m’affecte beaucoup, je dois prendre les choses lentement et calmement. Je ressens les effets de la marche d’aujourd’hui qui était un peu trop rapide à mon goût. Je trouve que je mets beaucoup d’effort pour suivre le groupe. Jean-Pierre nous indique qu’il nous a fallu 2h40 pour couvrir la distance qui normalement se fait en 3h30. Donc, ceci me réconcilie avec la journée et je garde le tout en mémoire pour le reste du voyage.

  • » Réflexion coaching
    • Il est important de respecter son rythme dans la vie. Oui, sortir de sa zone de confort tout en respectant ses limites d’énergie. En gérant bien son niveau d’énergie, plus de choses sont possibles !

Une belle petite collation nous attend dans la tente repas de Grajales. Véronika, est la personne qui représente cette compagnie et s’occupe de préparer tous les repas. J’apprendrai plus tard qu’elle est ici pour l’été argentin, une période de quatre mois, de décembre à la mi-mars. Elle est responsable des trois repas, donc debout de 06h30 à 23h00, sept jours semaine pendant cette période. Elle gagnera environ 500$ pour son travail pendant l’été. Pour elle la montagne est bonne, elle aime y être, elle aime les gens. Le souper sera soupe au poulet et spaghetti aux morceaux de bœuf !

Les installations sanitaires sont très bien, toilette avec eau courante qui vient du glacier, très propre. La chasse d’eau a besoin de réparation à presque chaque fois que je m’y rends, certaines personnes, pour ne pas les nommer, Pierre McMartin entre autres, (tu voulais les nommer ou non ?) ont de la difficulté à opérer le tout qui est un peu différent de ce que nous sommes habitués au Québec. Donc, je m’improvise plombier et donne des cours aux personnes qui arrivent difficilement à chasser leurs eaux. Chaque pourvoyeur a sa toilette contrôlé par clé. Le papier est même fourni. Vous comprendrez qu’en montagne, il y a plusieurs discussions sur la solidité de nos évacuations. L’altitude est bonne amie de la diarrhée. Donc, afin de ne pas déshydrater, nous en discutons, buvons beaucoup d’eau et gobons des immodiums pour contrôler le tout. Seul Denis ne consomme pas d’immodiums lorsqu’il en a besoin, préfèrent rester au naturel. Les mots de tête sont toujours là, mais légers pour l’instant.

Le soleil se couche vers 22h30, tout comme nous, par contre, le sommeil ne vient pas. Le thé vert y est certainement pour quelque chose. Il y a un party dans une tente pas loin, probablement le personnel qui célèbre, j’entends d’ailleurs le Bonne Anniversaire en espagnol retentir très haut et fort !

6 janvier 2008 – Jour 2 sur la montagne

Réveil à 08h30, les hélicoptères sont notre réveil matin ! En effet, les hélicoptères font le transport de ravitaillements pour le camp de base et nous survolent. Trois levées cette nuit pour l’appel naturel du corps. Donc, à chaque fois, enfiler les bottes et manteau, car la température de nuit est d’environ 0 degré Celsius. La lampe frontale est très utile pour marcher entre les roches, car les sentiers ne sont pas si bien définis. Le petit déjeuner est servi vers 09h00, céréales, café, crêpes et rôties. Brossage de dents, l’eau courante est très bonne et n’a pas besoin d’être traitée. On rempli nos bouteilles, quatre litres d’eau par jour, c’est ce que nous buvons en moyenne. 10h00, départ pour marche d’acclimatation vers la face sud de la montagne. La face qui est la plus connue, couverte en grande partie de neige et de glaciers. Nous désirons monter de 3300m à 4000m pour ensuite revenir dormir à 3300m. Il est important pour l’acclimatation de monter plus et de dormir plus bas. Ceci permet un meilleur sommeil étant donné que notre corps a été s’acclimaté plus haut. Plus de globules rouges dans le sang pour transporter plus d’oxygène, donc, meilleur sommeil. Notre première pause me permet de manger une bonne pêche argentaine, du moins ça y ressemble ! En ouvrant une poche de mon sac à dos, je découvre un petit mot que ma blonde m’a laissé avant que je parte. D’ailleurs j’en trouverai une quinzaine comme celui-là au courant du voyage. C’est comme une belle caresse qu’elle me fait. Je la sens avec moi.

  • » Réflexion coaching
    • L’importance d’avoir des gens autour de soi dans sa vie qui viennent appuyer la sortie de la zone de confort ! Une conjointe, un ami, un parent, une collègue, partager avec eux la vision que l’on a de sa vie, témoigner de notre direction, leur permet de nous appuyer sur la route de nos réussites !

On repart, toujours en montant, nous longeons une moraine (amoncellement formé par le glacier qui se retire). C’est impressionnant de voir la force de la nature. Les paysages sont de plus en plus beaux, les couleurs dans les teintes d’ocres et brun se multiplients, épatent chacun d’entre-nous. L’heure du lunch, le sandwich au jambon préparé par Véronika y passe, j’ai faim, c’est un bon signe en montagne, car l’altitude peut couper la faim. Une belle pomme verte et un bonbon pour le sucre ! Il est 14h00 et nous repartons vers la face sud. Nous arrivons sur le glacier qui est recouvert de sable, pierres et roches. Simplement spectaculaire comme point de vue ! Nous observons deux petites avalanches de glace sur la face sud de la montagne, wow !!!

Nic, notre deuxième guide, est l’un des meilleurs glaciéristes au Québec. Il nous explique comment, l’année dernière, il prévoyait faire l’ascension de la face sud. La route qu’il planifiait prendre, les préparatifs, ainsi que l’attente d’une météo favorable qui n’a jamais été au rendez-vous. Ce sera pour une autre année ! La montagne et sa météo décide de nous donner accès ou pas, il y a des choses que l’on contrôle, d’autre pas !

  • » Réflexion coaching
    • Dans sa vie de tous les jours, savoir reconnaître ce que l’on contrôle et ce que l’on ne contrôle pas est primordial. En ayant cette habileté, chacun d’entre-nous se donne le pouvoir de vivre plus sainement. Comme coach, je suis en mesure de travailler avec vous pour vous aider à bien identifier ce sur quoi vous avez le contrôle, donc le pouvoir de changer, et ce sur quoi vous n’avez aucun contrôle, simplement un peu d’influence peut-être ! Se donner le pouvoir de changer ce que l’on peut et d’accepter ce que l’on ne peut pas nous permet de nous libérer et de vivre la légèreté.

À environ 3900m, nous nous arrêtons, au soleil, nous prenons le temps de nous étendre, faire même un petit dodo pour certains. Les 45 minutes passées ici, nous permettent de nous acclimater. (Laisser le temps au corps de créer d’autres globules rouges qui transporteront plus d’oxygène dans notre corps.) *pas nécessaire, car déjà mentionné plus tôt* Le temps joue en notre faveur, la lenteur aussi. La montagne n’est pas un endroit pour la course, pour la rapidité.

  • » Réflexion coaching
    • Prendre le temps de s’acclimater lorsque l’on choisi des changements dans notre vie. Nouvelle relation, nouvel emploi, nouveau programme d’étude, nouvel enfant, des situations qui vous offrent la possibilité de vous acclimater. Se donner la permission, prendre le temps de respirer et de s’observer dans ces nouvelles situations, vous permettra de garder la direction vers vos objectifs de vie. La même acclimatation est aussi de mise lorsque certaines situations pas nécessairement choisies se présentent comme la séparation, perte d’emploi, perte de mobilité, nouvelle patronne. Comme coach, je peux vous aider à bien cerner les moments d’acclimatation dans votre vie.

17h00, retour au camp à Confluencia, collation avec les bons jus en cristaux (probablement du Tang comme quand nous étions tous petits !). Juste aux abords du camp, il y a un petit bassin de 2m sur 2m, d’une profondeur d’environ 15cm où l’eau coule par un boyau. La source de cette eau est le glacier, qui dit glacier dit aussi « frette en maudit » ! C’est un endroit où à tour de rôle, nous pouvons faire un petit lavage sommaire de notre personne. Donc, tant les femmes que les hommes, en sous-vêtements, profite de l’occasion pour se rafraîchir un peu. Comme j’ai coupé sur les items à monter sur la montagne, j’ai laissé ma serviette en bas, ainsi que mon désodorisant, et ça sur les conseilles de Jean-Pierre. Je m’essuie donc avec le t-shirt du jour ! Le souper a été bon et les discussions aussi. Nous rions beaucoup autour de la table. Les histoires de Stéphane, les périples de Pierre McMartin dans la rénovation, la profondeur de Denis, les parties de crib entre Pierre, Richard et Mario ! Beaucoup de plaisir. Le sommeil vient à 23h00 !

7 janvier 2008 – Jour 3 sur la montagne

Réveil 05h30, bonne nuit, seulement deux levées naturelles. Ce matin, nous paquetons tout notre équipement ainsi que les tentes. Jean-Pierre et Nic nous donnent un cours pour rouler les tentes correctement afin qu’elles se transportent mieux. Le déjeuner est servi à 07h00, départ à 08h00, objectif, camp de base à 4300m.

En quittant Confluencia, nous devons descendre environ 200m d’altitude pour traverser la rivière qui provient du glacier principal de l’Aconcagua. Le 200m est immédiatement repris de l’autre côté du petit pont et nous entrons dans la vallée d’Hocornes. Cette vallée est immense. Sur sa largeur, j’estime environ 2km, ensuite, de chaque côté, d’immense montagne qui font toutes au moins 5000m. Plus nous avançons, moins il y a de verdure. Jean-Pierre nous demande de sauter par-dessus une petite rivière, environ 1.5m de largeur. Le mental embarque pour moi, avec toute ma légèreté de 121kg, plus mon sac à dos de 10.4kg, je suis le dernier à m’envoler par-dessus celle-ci. Et bien, je l’ai fait, je me suis rendu de l’autre côté, par contre, je peux vous dire que je ne volais pas haut. Vous pourrez le constater sur la photo ! D’ailleurs, je crois que Stéphane se moque un peu de moi...

  • » Réflexion coaching
    • Vaincre ses peurs, petits ou grandes ! Voilà ce que je peux vous aider à faire pendant les sessions de coaching. Croyez-moi, j’en ai l’expérience ! Des peurs j’en ai eues sur la montagne et je les ai vaincues. Vous aussi vous pouvez vous donner le pouvoir de les vaincre.

Nous avons fait une courte pause de 5 minutes à 09h00, ensuite une un peu plus longue à 10h45. Vers 11h30, c’est l’heure des immodiums pour moi ! Je reste derrière à environ 5 minutes des autres suite à un arrêt non prévu. Je rejoins les autres vers midi, c’est l’heure du lunch. Maintenant que le corps se manifeste, je me demande quoi manger. L’appétit n’est pas vraiment là, par contre, je sais que c’est important d’emmagasiner de l’énergie pour les quatre autres heures qu’il nous reste à marcher avant l’arrivée au camp de base « plaza de mulas », donc je me force un peu.

Carcasse Nous reprenons la marche qui, bien qu’elle soit dans la vallée, est toujours en ascension . Un vrai faux-plat ascendant ! Vers 14h00, nous nous arrêtons encore pour une pause, cette fois, nous sommes à côté d’une carcasse de mule qui s’est probablement blessée et que son propriétaire a décidé de terminer sur le bord du sentier. C’est déjà notre troisième ou quatrième que l’on croise comme cela.

Nous repartons, c’est le temps de gravir le dernier gain en altitude d’environ 400m sur une courte distance. Grand gain d’altitude sur courte distance égale une pente raide qui demandera un effort en fin de journée. Je suis à environ 5 minutes derrière les autres membres du groupe. Je me sens lent par rapport à eux, je trouve la journée très difficile. Je commence à douter de ma capacité à faire le sommet. L’altitude, la rapidité de marche du groupe, tout semble jouer contre moi. Mon corps aussi, juste avant de débuté la dernière ascension, ma dicté un autre arrêt imprévu. Un autre immodium !

J’entreprends la pente, il faut être prudent car les mules montent et descendent par le même sentier que nous. Jean-Pierre nous a bien donné les consignes, on se tasse pour donner la priorité aux mules. Donc, pas beaucoup de place où se mettre dans l’ascension. D’ailleurs, un grimpeur d’un autre groupe a omis de se tasser pour une mule, elle a fait une vilaine chute, mais heureusement, elle ne semble pas s’être blessée.

La montée a été pénible, j’ai eu du mal à garder un rythme. Nic était le guide qui fermait la marche. Sa patience et son support ont été d’or pour me permettre d’atteindre le sommet de cette pente. Environ 30 minutes plus tard, nous sommes arrivés au camp de base « Plaza de Mulas » à 4300m. Il est 15h30, nous avons fait le parcours en 30 minutes de moins que la normale. Jean-Pierre désirait vraiment arriver avant les autres groupes afin de bien choisir les emplacements pour les tentes, il savait très bien que nous y étions pour les six prochains jours. Pour me rendre ici aujourd’hui, j’ai choisi de me recentrer sur moi, respecter mon rythme, ne pas me mettre en comparaison avec les autres membres du groupe. C’est ce qui m’a permis d’atteindre l’objectif d’aujourd’hui.

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    • À quel rythme vivez-vous votre vie ? Le vôtre, celui de votre conjointe, votre conjoint, votre patron, de vos enfants, de vos amies ? Lequel ? Et si vous choisissiez de vivre à votre rythme, lequel serait-il ? Comme coach, c’est un des choix que je peux vous aider à faire dans votre vie pour atteindre l’équilibre et l’harmonie à l’intérieur de vous.

À l’arrivée, nous choisissons nos emplacements et débutons l’installation des tentes. Je n’ai pas beaucoup d’énergie et comme chaque installation demande qu’une personne soit responsable de tenir la tente pour pas qu’elle s’envole, je me porte volontaire pour jouer à la roche qui retiendra le tout pendant l’assemblage ! Juste me pencher m’étourdi et demande un effort important. Calmement, garder et respecter son rythme. C’est ce que je me dis et c’est ce que je fais. Une fois installé, c’est l’heure de la collation. Biscuits, breuvages aux cristaux de différentes saveurs ; pamplemousse est le meilleur à mon goût. Je vais à la tente internet, où pour 8$US, tu peux utiliser l’internet pour 15 minutes. J’écris à ma blonde, mais je sens le message un peu anxieux de ma part. Je crois qu’elle le sentira.

Après la tente installée, c’est le temps de dépaqueter les sacs et de placer les vêtements et l’équipement dans la tente. Nous serons ici pour six jours, donc, important de bien planifier son chez-soi ! Le souper est très bon, soupe au poulet, steak et pomme de terre/champignons. Grâce au téléphone satellite de Stéphane, j’ai eu la chance d’appeler ma blonde pour lui donner des nouvelles. L’appel m’a fait du bien, même si je dois admettre, que mon moral était assez bas lorsque je l’ai fait. Ma journée avait été difficile et je voyais le reste du voyage comme étant presque inatteignable pour moi.

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    • Revenir à la base, refaire le focus sur l’objectif final, le ramener sur les objectifs à court terme, pour mieux se recentrer. C’est ce que je peux vous aider à faire dans votre vie. Tout cela pour trouver ou retrouver l’harmonie en vous.

Notre première soirée au camp de base est extrêmement bonne, les histoires et rires sont au rendez-vous. Par contre, je choisis de conserver mes énergies, je laisse beaucoup de place aux autres. Nous savons que nous avons les deux prochaines journées pour nous reposer, nous acclimater avant notre première montée à 5400m. J’en profite pour aller réserver ma place à douche pour demain. En effet, une douche est installée au camp de base et pour 10$US, 15 minutes d’eau chaude nous attendent. Quelques uns des autres membres du groupe font de même.

Installation sanitaire au camp de base, pas la même qualité qu’à Confluencia ! En effet, la bécosse de métal n’a pas l’eau courante ! Un siège qui recouvre un anneau couvert d’un sac de plastique pour que tout ce qui doit s’y faire se rende dans un grand baril de 45 gallons qui est enfoncé dans la terre. Laissez-moi vous dire qu’une quarantaine de personnes, partageant la même toilette, produisent beaucoup de produit naturel. Comme mentionné auparavant, l’altitude a un effet direct sur la solidité des scelles, plus tu montes, plus il y a de chance que la dureté diminue. Conséquences directes, le sac de plastique en prend pour son rhume ! Comme certaines personnes choisissent de faire leur truc de haut, vous imaginez le résultat ! Je vous épargne les commentaires sur les odeurs ! La raison de cette partie du récit est assez simple, c’est une des grandes difficultés de l’expédition. On apprécie vraiment son chez-soi et toutes ses commodités lorsque l’on est dans une situation pareille. En passant, les hélicoptères qui nous réveillent chaque matin, ce n’est pas nécessairement pour le ravitaillement de notre nourriture, c’est aussi pour aller vider les barils qui sont plein !

Lors de ma réflexion en fin de soirée, avant de dormir, j’ai réalisé l’importance de toujours garder en tête l’objectif final. Dans mon cas, comme je l’ai déjà mentionné, prendre un verre de vin sur une terrasse à Mendoza après avoir atteint le sommet. Tout en garde le focus sur ce point, il est aussi important de briser l’objectif final en plus petits objectifs. Donc, pour atteindre la terrasse, je vise le sommet, pour le sommet je vise chaque camp et chaque pas que je fais dans une journée m’amène vers un de ces camps. Ramené à son plus simple concept, chaque pas est important pour atteindre l’objectif final. Je choisi donc de profiter de chacun de ceux-ci !

8 janvier 2008 – Jour 4 sur la montagne

Réveil à 08h00, une très bonne nuit de sommeil, c’est notre première journée de repos au camp de base. Le déjeuner, crêpes, céréales, café bodum, tout ce qu’il faut pour relaxer et continuer les discussions de la veille ! On jase jusqu’à midi, le lunch sera servi vers 14h00. Certains des membres du groupe décident d’aller marcher entre les pénitences, d’autres vers l’auberge située à quelques kilomètres de nous, l’hôtel situé à la plus haute altitude du monde ! Pierre McMartin y a d’ailleurs fait un bon magasinage ! Pour ma part, je suis resté sur place pour prendre une bonne douche à 13h10 ! Ça fait vraiment du bien, une belle caresse pour la journée.

Lors des discussions d’hier et de ce matin, les expéditions futures se discutent. La possibilité de faire le tour du Mont Blanc, France, Italie, Suisse et revenir en France avec les familles. Un voyage de huit à neuf jours à coucher dans des auberges ! J’imagine une semaine de coaching familial, émission pour le canal Évasion, aller encore plus loin. Mon gars qui est caméraman et monteur pourrait faire le tournage ! Plein de projets qui émergent dans ma tête, j’aime être dans cet état  de création !

14h00, c’est l’heure du lunch ! Six différentes pizzas cuitent à 4300m ! Nous sommes tous estomaqués de constater cela ! C’était inattendu et excellent ! La beauté de manger en groupe c’est l’entraide qui est démontrée dans des moments difficiles. Oui en effet, certains n’aimaient pas les olives, d’autres se sacrifiaient pour les manger !!!

Le reste de l’après-midi a été réservé pour relaxer, lire et écrire ! Le soleil est chaud, c’est bon.

Le souper a été servi à 19h00, une soupe et du poulet, encore une fois très bon !

Le sommeil vient vers 22h00, bilan de la journée, plus besoin d’immodium pour l’instant.

9 janvier 2008 – Jour 5 sur la montagne

Réveil à 09h20, le vent souffle très fort, assez pour arracher les tentes qui sont amarrées à de grosses roches. Le soleil n’est pas encore sorti de derrière les montagnes, il fait froid, probablement -5 degré Celsius, plus le facteur vent. J’ai vraiment pas le goût de sortir de la tente, par contre, la nature appel, donc bottes et manteau, tuque et papier de toilette, on part à l’attaque ! Cette nuit j’ai rêvé que j’étais de retour à Gatineau, je m’ennuyais de ma blonde, petit voyage rapide. Ce matin c’est comme si j’y avais vraiment été ! C’est merveilleux ce que l’on peut faire avec un peu d’imagination.

10h00, déjeuner, omelette et rôties, c’est la fête ! Pourquoi vous me demandez ? Simplement parce que Jean-Pierre décide de sortir le Nutella et le beurre d’arachide ! Tout le monde est ravi de cette petite surprise qu’il semble bien aimer faire.

Nous apprenons que nous devons déménager nos tentes car il manquait de place sur les terrains des voisins. Personnellement, je m’en serais passé. J’étais bien installé, toutes mes choses dans la tentes bien classées, du moins je savais où tout était.

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    • Encore une fois, lorsqu’un changement survient dans notre vie, comment choisissons-nous de réagir ? Regarder l’émotion qui monte en soi, gérer cette émotion, s’auto-motiver vers l’action, donc choisir ses actions, nous donne tout le pouvoir sur la situation !

Donc, tout ce qui est dans la tente retourne dans les sacs. Nous travaillons ensemble, soit quatre par tente pour ne pas avoir à la démonter. Le tout se fait assez rapidement malgré les vents de 50km/h qui soufflent sur le camp. Une fois installés, matelas de sol et sac de couchage étendu, nous avons rendez-vous dans la tente dîner pour l’essai et vérification des crampons.

Bottes Je sors donc mes bottes dures, une botte similaire à une botte de ski avec un chausson à l’intérieur pour couper le froid, et mes crampons.

L’ajustement fait sur la fixation à la botte, tout est en règle, je pourrai les monter demain vers le camp Nido de Condores (le nid du condor).

En après-midi, je suis dans ma tente et je décide des items que je monterai demain et que je laisserai dans la tente-repas à Nido. La tente-repas sera montée par un porteur, nous l’assemblerons lors de notre arrivée demain en après-midi. Un peu comme à Penitentes, j’ai maintenant une autre série de choix à faire. Qu’est-ce que je monte et suis prêt à laisser en haut, donc que je n’aurai pas besoin ici au camp de base ? Il a fait froid cette nuit et ce matin avec le vent, est-ce que je garde mes vêtements chauds ? Combien j’en monte à Nido ? Mes grosses mitaines, cagoule, sous-vêtements polar, etc. ? Une belle série de questions. J’en discute avec les autres, avec Jean-Pierre, Nic. Les opinions sont variées, il ne me reste qu’à prendre mes propres décisions basées sur toute l’information que j’ai en mettant mes peurs de côté.

  • » Réflexion coaching
    • Dans notre vie de tous les jours, nous avons souvent à prendre des décisions, faire des choix. Dans des situations connues, c’est généralement plus facile et presqu’automatique. Par contre, dans des situations où nous n’avons pas encore eu la chance d’évoluer, souvent lorsque l’on sort de sa zone de confort, il nous est parfois difficile de faire des choix. Nos peurs, quelles qu’elles soient, viennent freiner nos actions. Comme coach, je suis habileté ( ?) à vous aider à voir plus clair dans de telles situations. En effet, en vous posant des questions d’impacts, vos réponses vous aideront à découvrir ce qu’il y a derrière une peur, quel blocage vous empêche d’avancer. Tout cela pour découvrir l’harmonie en vous !

Décisions prises, dans mon premier voyage à Nido, je monterai : mes crampons ; bouffe pour 6 jours ; tasse, ustensiles, assiette ; cagoule ; sous-vêtements Sugoi ; petits et gros bas ; grosses mitaines. Pour mon deuxième voyage à Nido je monterai : pantalon polar 300 ; trois ensemble de heat pad.

Cette deuxième journée de repos au camp de base est bénéfique pour moi. Je relaxe encore et fais de la lecture, même s’il ne fait pas chaud à cause d’un vent très fort et persistant. La soirée est encore plus froide, -10 degré Celsius et un vent de 60km/h. La file pour aller à la toilette est très, très, très froide ! Plus de six personnes devant moi, l’attente n’est facile et sachant très bien que lorsque je serai à l’intérieur, les odeurs, la saleté, le vent qui souffle de dessous, ne feront pas en sorte que la concentration nécessaire à une bonne évacuation sera au rendez-vous. J’entrevois déjà la visite de nuit lorsque tout est un peu plus tranquille.

Julie et Alain, deux québécois qui reviennent du sommet, elle a réussi, lui a dû arrêter à 200m du sommet, soupent avec nous. C’est bien comme souper et la dynamique change avec l’arrivée d’une femme autour de la table. Les conversations sont plus gardées, du moins pour la première heure, ensuite la montagne et l’homme sont à nouveau réunis !

Le sommeil sera au rendez-vous vers 23h00 et tel que je le pensais alors que j’étais en file plus tôt, trois réveils pour aller visiter le petit coin ! Pour l’instant l’immodium n’a pas sa raison d’être. J’en suis très fier.

Certains d’entre vous allez vous demandez pourquoi je parle tant des visites au petit coin et du résultat de mes efforts. Et bien, sur la montagne, loin de tout le confort de la maison, c’est vraiment le point le plus difficile à gérer. Rester en santé, ne pas avoir à prendre de l’immodium ou du Cypro, aide à garder les forces nécessaires à atteindre le sommet. Nous en discutons tous les jours, nous vérifions avec chaque membre du groupe pour nous assurer que tout va de ce côté-là. D’ailleurs dans notre groupe, une seule personne a eu une diarrhée pendant tout le voyage, par contre, sa force physique et mentale lui a permis de traverser cette expédition sans trop de problème. Il a certainement visité la nature plus que nous ! Et concernant le point toilette, au souper ce soir, Nic nous a tous remis un sac blanc, avec notre numéro de permis d’ascension. À l’entrée du parc, nous avions tous reçu un sac de plastique à l’effigie de la montagne. Ce sac était pour les déchets que nous ramènerions du sommet jusqu’au camp de base. Par contre, le deuxième sac blanc que nous recevons maintenant est pour les toilettes au-delà du camp de base. Vous voyez, nous n’aurons plus accès à une bécosse ! Non, seulement un sac de plastique. Jean-Pierre nous explique les rudiments d’utilisation de ce fameux sac. Étape numéro 1, toujours faire pipi avant afin de ne pas remplir le sac. Étape numéro 2, trouver un endroit à l’abri du vent si possible et des regards, s’accroupir au dessus du sac que l’on tient bien et voilà le tour est joué. Refermez le sac une fois terminé. Pour deuxième usage, dénouer le nœud et recommencer le processus ! Avez-vous toujours le goût de partir pour la montagne ?

10 janvier 2008 – Jour 6 sur la montagne

07h00, réveil, anxiété de montagne très forte pour moi ce matin. Je n’ai pas d’appétit pour le déjeuner. Je commence à en avoir mon tas des crêpes du matin ! Je sais que c’est la crainte de la journée qui s’annonce qui a un impact sur ma façon de voir les choses. Étant conscient de cela, je choisis de me concentrer sur ce qu’il y a à faire aujourd’hui.

Première ascension de 4300m au camp de base à 5400m au camp Nido. Nous ferons le parcours aujourd’hui pour installer la tente-repas, laisser des choses pour le froid que nous n’aurons pas besoin ici au camp de base, mais qui seront très utiles à Nido et plus haut. Nous reviendrons ensuite au camp de base en fin de journée aujourd’hui. Demain, nous remontrons à Nido, redescendrons par la suite. Une journée de repos, puis nous irons nous installer à Nido pour trois à six jours dépendamment de la météo et la tentative pour le sommet.

Psychologiquement, c’est très difficile ce matin de penser à monter la même montagne à trois reprises sur les quatre prochains jours. Le mental est sollicité au maximum aujourd’hui. Depuis nos deux jours de repos, j’ai eu la chance de regarder la montagne, de poser des questions sur la route à suivre, où exactement se situait Nido. La montagne est très raide, très à pic, très intimidante. Ce matin à 09h15, c’est un départ. Le pas est rapide, nous devrions mettre 5h30 pour atteindre Nido, nous mettrons 05h15 seulement. Un maigre 15 minutes de retranché ne semble pas être beaucoup, par contre, je peux vous dire qu’une fois rendu à 5400m, le souffle est court, l’épuisement de la montée est ressenti par tous les membres de l’équipe, à différents niveaux, mais tout de même présent pour chacun.

Pendant la montée d’aujourd’hui, je me suis souvent questionné au sujet des raisons que j’étais sur cette montagne. Le découragement était très présent dans mes pensées et j’avais beaucoup de difficulté à voir comment je pourrais atteindre le sommet. Chaque pas était lourd et difficile. J’ai eu chaud, j’ai eu froid. Je me trouvais lent derrière les autres et trouvais difficilement mon rythme. En regardant les autres, ils semblaient tous être un peu au dessus de tout, mes efforts semblaient gigantesques comparativement aux leurs. J’ai même demandé à Pascal de ne plus chanter car ça m’agressait !

  • » Réflexion coaching
    • Dans la vie il nous arrive de trouver un bout de chemin très lourd. On regarde les gens qui nous entourent et on les envie de vivre si légèrement, si facilement. Comment retrouver la légèreté à l’intérieur de soi, l’harmonie ? Comme coach, je suis en mesure de vous aider à regarder plus loin que l’extérieur des gens qui vous entourent. Regarder plus loin à l’intérieur de vous pour découvrir vos forces et votre énergie à libérer.

Nous arrivons à Nido, 5400m, nous récupérons les sacs montés par les porteurs. Jean-Pierre et Nic prennent les commandes et dirigent l’assemblage de la tente-repas. Le vent souffle à environ 70km/h, il fait -10 degrés Celsius, je suis épuisé et je me porte volontaire pour être l’ancre de la tente de façon à ce qu’elle ne parte pas au vent pendant que le reste du groupe l’assemble. Nous sommes huit pour faire le travail. Chaque mouvement à 5400m est difficile, le souffle est court, la tête me tourne lorsque je me relève. Une fois la tente montée, il faut apporter de grosses roches pour placer à l’intérieur et à l’extérieur pour s’assurer qu’elle demeure en place. Une fois ceci accompli, je réalise comment les autres membres du groupe sont aussi à bout que moi. Ils ont tous donné l’effort maximal qui leur était permis de donner sur ce parcours aujourd’hui. Mes moments de découragement survenus plus tôt dans la montée s’éclaircissent. Je réalise que ce que je choisissais de voir dans mes compagnons de voyage était simplement l’extérieur et non leur propre débat intérieur. Je pleure d’épuisement et aussi de joie, je suis au bon endroit dans ma vie en ce moment.

  • » Réflexion coaching
    • Lorsque l’on concentre notre regard sur les gens qui nous entourent, il peut nous arriver que nous nous arrêtions qu’à la couche externe et que nous oublions de regarder à l’intérieur de chacun d’eux. Ceci peut mener à des comparaisons nocives. Et si vous choisissiez de regarder derrière la façade des gens qui vous entourent, que découvririez-vous ? Comment réagiriez-vous ? Quel serait alors votre perception de votre propre situation ? En coaching, vous pourrez découvrir cette facette de la vie pour vous aider à trouver l’harmonie en vous.

Nous nous étendons pendant environ 45 minutes pour reprendre des forces, mais surtout pour nous acclimater un peu à cette altitude. De l’eau, des barres tendres, noix et abricots. C’est maintenant le moment de redescendre. On y mettra 1h30 pour atteindre le camp de base. Mon gros orteil droit m’indique que la descente est difficile. Je sais que mon ongle sera certainement noirci. À l’arrivée au camp de base, collation, j’ai froid car le vent souffle toujours et la température est à la baisse, le soleil n’est pas là aujourd’hui, donc différence d’une vingtaine de degrés.

Le souper est léger, je n’ai pas vraiment faim ce soir. Je suis dans un mode très lent, économie d’énergie. Le même parcours demain matin. Avant de dormir, je parle avec Pierre McMartin, mon partenaire de tente. Il me fait aussi part de son doute face au sommet et de la difficulté de la montagne. Il est au même niveau que moi dans le doute. Mario et Stéphane aussi expriment les mêmes sentiments. Wow, la montagne nous enseigne une leçon.

  • » Réflexion coaching
    • Partager ses peurs, ses émotions afin de bien les identifier est la première étape pour gérer sa vie. Une fois bien identifiée, l’émotion est plus facilement gérable et l’action que nous choisirons par la suite sera plus juste. En coaching, vous aurez l’occasion de regarder quelle émotion vous habite, quelle émotion se cache derrière une peur. Une fois identifiée, vous apprendrez à la gérer pour ensuite passer à l’action en harmonie avec votre intérieur.

11 janvier 2008 – Jour 7 sur la montagne

Déjeuner à 09h00, départ pour la deuxième montée au camp Nido, 5400m, à 10h15. Meilleur journée aujourd’hui, le pas est plus lent de 15 minutes sur toute la distance, c’est très apprécié. Dans ma tête, je me dis que c’est la deuxième de trois fois à monter cette partie de la montagne, c’est encourageant ! Les jeux que l’on peut se faire dans notre tête pour avancer dans la vie. Une bonne créativité peut très bien nous servir dans des moments plus difficiles pour voir le beau côté des choses !

  • » Réflexion coaching
    • Lorsqu’une personne que je coach me décrit une situation difficile, que tout est noir autour d’elle, il m’arrive parfois de lui demander qu’est-ce qu’il y a de merveilleux dans cette situation. À prime à bord, il est parfois laborieux pour la personne d’identifier quelque chose, par contre, jusqu’à maintenant, elle a toujours été en mesure de découvrir une face cachée qu’elle n’avait pas vu. Qui y-a-t-il de merveilleux dans votre vie présentement ?

Arrivés à Nido, nous laissons d’autres équipements dans la tente-repas. Nous nous étendons pour la sieste, il fait beau et chaud, un vent léger et un soleil qui brille de tous ses feux. À 17h00, nous redescendons au camp de base. Souper à 20h00, je suis littéralement brûlé, je vais donc me coucher à 22h00, alors que le soleil est encore levé. En m’endormant, mes pensées de la journée me reviennent. Je revois dans ma tête et mon cœur ma blonde et sa montagne, sa maîtrise en gestion de projet, après avoir eu le courage de vendre son entreprise, pour sortir de sa zone de confort. Elle atteindra son sommet le 7 mars 2008 alors qu’elle terminera son dernier cours. J’en suis fier !

Je pense à mes amours d’entraînement : Yan qui m’a donné le goût à la forme physique, l’entraînement et à la vie active ; Caro qui m’accompagne dans la majorité de mes entraînements de course ; Marie-Claude qui est avec moi pour les demis marathons d’Ottawa ; les entraînements difficile de Nathalie et de Martin ; le spinning avec Pat « la machine » ; le ski de fond avec André ; la gang de vélo-plaisir et la Pink suivi de la Black ! Je m’endors en pensant, un pas à la fois, un pas à la fois pour atteindre le sommet !

  • » Réflexion coaching
    • Choisir une vie active, s’entourer de gens que l’on aime pour s’amuser et garder la forme ou bien l’améliorer, c’est un choix que je peux vous aider à faire comme coach ! Que désirez-vous comme forme physique pour le reste de votre vie ? Que choisissez-vous ?

12 janvier 2008 – Jour 8 sur la montagne

Journée de repos avant la dernière montée pour s’installer à Nido pour les prochains quatre à cinq jours. Déjeuner, l’immodium est de retour suite aux pâtes fromages et pizza d’hier soir ! Jean-Pierre vérifie nos taux oxygénation et pulsation pour le plaisir car il ne se base pas beaucoup sur ces facteurs pendant l’ascension. Je suis à 85% d’oxygénation et 59 pulsations par minutes au repos. Très bon résultats si je compare au Kilimandjaro. L’acclimatation se fait très bien !

13 janvier 2008 – Jour 9 sur la montagne

On monte pour la troisième et dernière fois vers Nido. La prochaine fois que l’on refoulera ce sol, ce sera après avoir tenté le sommet ! Je suis excité à l’intérieur, un pas de plus vers l’objectif d’aller prendre un verre de vin sur une terrasse à Mendoza après avoir réussi le sommet. La montée d’aujourd’hui est presque facile. Nous sommes chargés de nos sacs de couchage, matelas de sol, bouffe, et tout ce que nous n’avions pas encore monté à Nido. Le pas est lent, tout le monde demeure ensemble, il n’y a pas beaucoup de conversation. Arrivée à Nido à 16h30, montage des tentes en s’entraidant pour nous assurer que nous ne perdions pas de tentes au vent.

Le souper est préparé par Nic, soupe et nouilles aux trois fromages. Nous sommes assis sur des roches en cercle à manger notre souper. Le confort de la tente repas du camp de base n’est plus.

Je décide de me coucher à 22h00, avant le soleil encore une fois. La journée de demain sera consacré à monter à 6000m pour l'acclimatation.

14 janvier 2008 – Jour 10 sur la montagne

Le déjeuner sera servi lorsque le soleil frappera les tentes, environ vers 10h30. Alors, après le réveil je demeure dans la tente et revois mes pensées d’hier. Midi, nous montons à 6050m, plus haut que le Kilimandjaro ! Nous avons un beau sourire lorsque nous nous y installons pour faire la sieste pendant 45 minutes environ. Encore une fois, le départ a été rapide et j’ai de la difficulté à respirer. Je me remets en question à nouveau. Par contre, je reviens à l’essentiel, me respecter, aller à mon rythme. Une fois fait, je suis beaucoup mieux. Quelle leçon de vie je reçois une fois de plus ! Je dois admettre que je me suis coaché dans ce secteur de la montagne. Mon désir d’atteindre le sommet, un désir de tête ou de cœur ?

Le retour vers Nido se fait bien. J’avais averti Jean-Pierre de ma crainte des hauteurs et des descentes raides. Il m’a offert de me guider et il l’a très bien fait, en me disant où placer mes pieds, comment progresser.

  • » Réflexion coaching
    • J’ai reconnu la différence entre un guide et un coach. Un guide te dit comment faire les choses, tandisqu’un coach t’amène à réfléchir par où tu désires passer, quelles avantages a une route vs une autre, comment comptes-tu placer tes pieds à tel endroit, etc. ? Tout comme le principe de donnez un poisson à quelqu’un et il sera nourri pour la journée, montrez-lui comment pêcher et il sera nourri pour la vie ! Le coach n’a pas les réponses, simplement des questions qui permettent à la personne de trouver ses propres réponses afin de trouver l’harmonie en soi.

Au retour à Nido, soupe et souper de pâtes au poulet. Dodo vers 22h00, le soleil est encore là. La décision est prise : demain journée de repos et nous tenterons le sommet le lendemain.

15 janvier 2008 – Jour 11 sur la montagne

Réveil vers 06h30, journée de repos, il fait beau, environ 1 degré Celsius, pas de vent, aucun besoin d’immodium, bonus !!! Avant de regagner la tente après la visite du matin, je regarde la montagne, ses 1500m à gravir pour atteindre le sommet. Je l’absorbe bien et retourne dans mon sac d’amour en pensant à ma blonde, elle me manque beaucoup. Je retombe endormi jusqu’à 10h30 et ensuite midi. Céréales, je n’ai pas vraiment d’appétit depuis le début du voyage, je me force tout de même à manger pour gagner des forces. Le lunch est servi quelques heures plus tard. Stéphane, Mario et Pierre McMartin essaient de changer leur billet d’avion pour retourner dimanche au lieu de mardi ou mercredi étant donné que l’on fait le sommet plus rapidement que prévu. On en a pas mal tous notre plat de la montagne à ce stade ci. L’anxiété de la montagne, du sommet demain y est certes pour quelque chose. Je communique avec ma blonde pour voir si c’est aussi possible pour moi. Je sens ma blonde inquiète au téléphone. Je l’aime vraiment cette femme. J’ai hâte de la revoir et de l’entendre me partager sa vie et moi de partager ma vie avec elle. Lorsque je la rappelle elle m’indique qu’il est impossible de changer les billets avec Aéroplan. Je choisis d’acheter un nouveau billet pour le retour.

Le souper, riz au poulet, différent des pâtes ! Jean-Pierre nous distribue deux sachets de gruau et deux sachets de chocolats chauds pour le déjeuner du lendemain. Levé prévu pour 03h30, l’eau bouillante sera livrée par Nic à 03h45, départ à 04h30. Je vais me coucher vers 22h00, par contre, le sommeil ne vient pas avant 02h00 du matin, le camp est bruyant et la nervosité du départ pour le sommet n’aide pas. Donc, je dors pour environ 30 minutes avant de me lever pour aller au petit coin, histoire de partir du bon pied. Retour dans la tente et réveil à 03h30. Pierre et moi passons à l’action en nous habillant, chaussant les bottes et sortons de la tente pour affronter la nuit, le froid et nos bols de gruau et chocolat chaud. L’eau chaude arrive, c’est avec très peu d’appétit que je bois mon chocolat chaud et que je mange le gruau.

Le départ s’effectue à 04h30 avec la lampe frontale. Le silence est présent dans chaque pas que nous faisons. Nous avons notre gros sac à dos pour la journée avec bouffe, crampons, et une couche de plus au cas où il ferait froid. À 06h30 environ, après quelques pauses, nous sommes à 6050m, le jour se lève, sans le soleil qui demeure encore derrière les montagnes. Il fait encore froid, les pieds ne sont pas dégelés à 100 % ! Quelques centaines de mètres plus haut, il est temps de chausser les crampons. Nic et Jean-Pierre nous montrent comment marcher avec ceux-ci. C’est relativement facile et très solide dans la neige et la glace. Nous montons donc vers le Col del viento.Une fois arrivés, le vent nous souffle dessus à environ 50 à 60km/h. Le soleil est au rendez-vous, mais le froid persiste toujours.

C’est maintenant la traversée qui durent environ deux heures jusqu’au pied de la Canaleta. Une fois arrivés à cet endroit, nous décidons de laisser nos sacs à dos, prendre seulement un peu de nourriture et une bouteille d’eau. Nous venons de marcher environ 9h00, il reste encore deux heures et demie pour atteindre le sommet. Pierre Delisle ne fera pas le reste du parcours à cause d’un problème médical. Vertige, perte d’énergie, manque de nourriture et d’eau. Nic reste avec lui et s’occupera de l’aider à prendre sa décision de faire demi-tour.

Après avoir laissé les sacs, Jean-Pierre est devant et part rapidement dans la Canaleta. Une pente qui couvre environ 300m de gain d’altitude avec un degré d’inclinaison de 33%. Denis le suit immédiatement derrière. Je me lève la tête et j’aperçois Denis qui gesticule avec son bras droit. Je ne comprends pas ce qu’il désire nous communiquer. Finalement il nous crie de dépasser les personnes qui montent sur la droite dans la roche et de passer sur la neige. Avec un grand effort et avec rapidité, si cela existe encore à cette altitude, nous les rejoignons. J’indique à Jean-Pierre que le rythme est vraiment trop rapide. Il me dit qu’il désirait dépasser les grimpeurs russes qui montaient dans les roches par crainte qu’ils ne causent une chute de roches. Ils ne semblaient pas très expérimentés. D’ailleurs, ils ne se sont pas rendus au sommet. Après deux autres arrêts, dont un au sommet de la face sud de la montagne, nous avons été en mesure de gravir la montagne jusqu’au sommet. Durant le dernier 300m de gain en altitude, j’ai eu conscience de quatre fois où je me suis retrouvé à revenir dans mon corps sans même réaliser que je l’avais quitté. Conscience ou inconscience, pour une fraction de seconde ou plus, je ne sais pas et ne le saurai jamais. Une expérience assez enivrante, je vous le jure.

Une fois là, c’est l’euphorie totale pour chacun d’entre-nous. Les pleurs de joie, d’exténuation, d’épuisements, les accolades, les rires et les photosse sont multipliés. Stéphane nous a tous prêté son téléphone satellite afin que l’on puisse communiquer avec nos familles. Moi, j’ai appelé ma blonde pour lui dire que je l’aimais du sommet des Amériques ! Ensuite j’ai appelé mon père pour lui dire que j’étais au sommet ! Quel beau feeling de vivre ça !

Pierre McMartin a appelé sa conjointe, puis voulant partager encore son sommet, a même appelé sa secrétaire pour lui dire, en pleurant, qu’il y était ! Maudit que la vie est belle !

La photo de groupe, la face sud derrière nous ! Nous avons réussi !

Après 45 minutes au sommet, c’est maintenant le temps de retourner vers Nido.

À environ 50 mètres du sommet, mes lunettes de ski deviennent embuées. J’essaie de les nettoyer, c’est pire, ma visibilité est presque nulle. Je les lève, c’est aveuglant tellement le soleil est fort et reflète sur la neige. Je demande à Mario de passer devant moi et d’aller tranquillement jusqu’à nos sacs afin de me guider. En me tassant pour le laisser passer, je perds pied et je me retrouve sur le dos. Je suis dans la partie la plus abrupte de la montagne. Je me mets à glisser. Lentement en premier, mais je peux vous dire qu’à 121kg, ça ne prend pas de temps pour gagner de la vitesse ! Je passe à côté de deux ou trois autres membres du groupe, puis j’entends les cris autour de moi : «sautez dessus, arrêtez le» ! Dans ma tête je me pose la question, je cramponne, si oui, risque de me fracturer une jambe, me blesser, le tout se déroule au ralenti mais aussi rapidement. Tout d’un coup, quelqu’un se jette sur moi et j’entends un cri en même temps. Je suis arrêté par Pascal qui était l’un des derniers à pouvoir le faire. J’ai senti ma botte et mon crampon pénétrer quelque chose. Est-ce son mollet ? Non, ce n’est que sa botte, par contre, est-ce que son pied est correct ? Il me dit que oui. J’ai un peu mal au cou, mais , rien d’autre ! Chanceux, tout à fait, car si Pascal ne m’arrêtait pas, je continuait à glisser pour un autre bout avant de poursuivre sur les roches pendant un bon 200m. Je ne serais pas à écrire ces lignes ! Merci du fond du cœur Pascal ! Un peu plus tard dans le voyage, j’ai demandé à mon avocat Pierre si Pascal pouvait me poursuivre pour le trou dans sa botte. Pierre m’a indiqué que non, je ne lui avais rien demandé, c’est lui qui s’est placé devant mon crampon !!! Nous avons bien ri !

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